L’Astre des Anéantis

Éditions de Corlevour, 2011, 15 €

Présentation éditeur

Si L’ASTRE DES ANEANTIS avait une forme discernable, il serait suspendu comme une étoile majeure au sommet de l’horizon, là où son feu braqué ne lâche aucun de ses hommes. Mais il n’a aucune image à brader dans les regards et nulle exploration n’en délimitera l’emplacement. Son alliage de toutes les noblesses pulvérisées ne se donnent qu’à certaines conditions irréversibles, certains leitmotivs ancrés sans retour dans la douleur et la valeur. Sans retour, c’est-à-dire indiscutablement, sans passer par cette approbation du forum pour hurler à la face du monde ce qui dévore le cœur.

Dessinées en creux de ces massifs bouleversés où les êtres conquièrent les territoires qui les engloutissent : les bases jetées d’un portrait de race.

Incipit

AUX DIGUES ROMPUES de la vie et de la mort, la révolte aux yeux fixes a consumé tous ses feux, mais rien n’efface ses ruines de lumière.

Le ciel se poignarde le mou pour donner à l’espace sa cognée de traits invincibles, cette barre immense d’un regard à l’assaut là où nul visage ne peut suivre, et rien n’est inventé. Rien de moins inventé, rien de plus dur que ce ghetto des douleurs placardées au ciel des villes, cette croix de guerre jaillie de la brusquerie symétrique des yeux, du nez et des lèvres, réduits au pan d’écorchement qui n’est plus un visage mais l’armée de l’absolu.

Au-dessus des villes, au sommet de l’horizon, un carré de ciel encastre ce regard intégral braqué sur la ville comme une forêt de pieux en travers de la vie, cette brûlure du thorax précurseur où fierté, race, tendresse et meurtrissures font la fresque d’un monde passé par le cœur comme on passe par les armes, tout en donnant l’exemple sanglant aux autres territoires. Si bien que la vie, face à l’augure rageur, ne peut plus être que de la ville inventée, de la ville battue aux armoiries de la chair fusionnée au métal, falaises d’acier dénudant la verticale des méandres, sans plan ni préavis urbanistique, révélant d’autres trajectoires plus droites, plus directes que les serpentements de béton au défilé desquels on passe des années à se regarder mourir.

Les yeux levés cherchent une prise, à moins qu’il s’agisse d’une révulsion de la tête défaillant à la renverse pour n’y trouver qu’une certification de l’impossible arrachement. C’est surtout la volonté qui, d’une œillade, se jauge la force et vérifie que son creuset est bien partout là où rien ne lui répond. Dans ces haillons d’espace, la volonté ne cherche pas son miroir profond, son miroir vivant, son double ou l’autoportrait de son empire, elle n’y laisse monter, n’y laisse passer que les appelés de sa puissance, c’est-à-dire toute la matière absolue : les grands visages purs sans appel, les massacrés incorruptibles, les belles au grand cœur, les enfants vraiment enfants en chemise de nuit sur une butte d’apparition, les pauvres dont les puits de mort au poitrail sont les orgues de la grandeur, et quelques morceaux de nature courageusement alliés à la beauté de combat qui signale l’être bon […]

Fiche technique
  • Éditions de Corlevour, mai 2011
  • Genre : Littérature
  • Format 20,5 x 14 cm – Impr. Floch (Mayenne)
  • 100 pages
  • EAN 9782915831450
  • 15 €

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